Pour espérer sortir la Tunisie de la crise, le président Kaïs Saïed doit dire toute la vérité aux Tunisiens sur l’état de leur pays et mettre en route sans plus tarder les réformes trop longtemps reportées. Et même si la situation est difficile et le temps est compté, des solutions peuvent encore être mises œuvre dans l’urgence.
Le consensus est large sur les maux de la Tunisie qui font converger des défis financiers (dette, balance des paiements, réserves de change, réforme bancaire), socio-économiques (pouvoir d’achat, précarité, chômage des jeunes, entreprises publiques peu efficientes et lestées d’une lourde masse salariale) et politiques (solitude du pouvoir d’un président respectable mais au programme imprécis).
Ce consensus devrait inclure la prudence de ceux qui donnent des conseils de politique économique (défaut sur la dette, taxer «les riches», dévaluer !) ou même de démocratie. Et pour celle-là, la France est particulièrement mal placée tout comme l’Union Européenne (UE). La première a vu son président visiter en mars 2023 quatre pays d’Afrique centrale parmi les plus corrompus, tous producteurs d’hydrocarbures et donc fournisseurs potentiels. Et la seconde déclare suivre avec inquiétude une dérive autoritaire menaçant la gouvernance alors qu’elle a fermé les yeux sur un vaste réseau d’ingérence et de corruption au sein des institutions européennes impliquant le Maroc et le Qatar.


