La Chine au siècle du numérique : Dilemme de la modernisation ou de la répression ?

Un lien fort existe entre la contestation pro-démocratique à Hongkong à l’automne-2014 et l’essor du commerce numérique en Chine illustré par le succès d’Alibaba au NYSE. Ce lien est le développement spectaculaire d’Internet et des technologies de l’information et de la communication, depuis le début des années 2000. Le numérique est à la fois le nouveau vecteur de productivité et de modernisation en Chine, mais aussi celui de la mise en réseau des exigences d’ouverture politique. Le point de rencontre de ces deux vecteurs contraint le tandem aux commandes Xi Jinping-Li Keqiang à des choix stratégiques, bien au-delà des mises en scène médiatisées du procès de cadres communistes corrompus.

FMI : pourquoi faire donner Lagarde?(LA TRIBUNE)

Christine Lagarde manque peut-être de certaines compétences économiques nécessaires pour présenter une candidature pleinement autorisée au poste dedirecteur général du FMI. Il ne suffit pas de parler anglais avec un fort accent anglosaxon,ni d'avoir été ministre des Finances après un parcours de juriste en fusionsacquisitions,ni d'avoir coordonné plutôt bien les sommets financiers internationauxdans le contexte de la crise des subprimes puis de la déroute financière en Europe, nimême d'être une femme.

La Chine à l’ère du numérique : Modernisation sans révolution ?

Les Cassandres qui annoncent depuis 20 ans la chute imminente de la Chine pour cause de bulle boursière, immobilière ou bancaire se trompent, y compris ceux qui prévoient une déstabilisation socio-politique préfigurée par les manifestations de Hongkong à l’automne 2014. L’économie de marché socialiste se porte bien grâce au pouvoir discrétionnaire d’intervention de l’Etat dans le champ de la production mais aussi des comportements.

Rebuilding Tunisia - Reconstruire la Tunisie

Reconstruire la TUNISIE = Urgence + Gouvernance – Précipitation

     Un prix Nobel d’Economie américain (Edmund Phelps, Le Monde-26 mai 2011) rassemble toute son inspiration pour proposer à la Tunisie « révolutionnaire » l’application d’un « modèle  capitaliste de base 1.0 » fondé sur le libéralisme économique et l’initiative entrepreneuriale. Une recette qu’auraient appliquée avec succès les pays anglo-saxons au tournant du XIX° siècle pour développer un capitalisme « wébérien » orienté vers la libre-concurrence et l’investissement productif. On ignore si les conseils de Monsieur Phelps sont le fruit d’une longue réflexion sur l’évolution socioéconomique de la Tunisie depuis la colonisation française et les soixante ans de régime répressif qui ont abouti aux carences institutionnelles et structurelles de l’ère Ben Ali, ou bien le fruit d’un weekend de conférence dans un hôtel de Hammamet.

La Chine au XXI siècle: la résilience désespère les Cassandres de l’Occident

L’essor économique de la Chine suscite autant l’admiration que l’inquiétude car il va de pair avec une ambition géopolitique. Au XXI° siècle, la Chine entend reprendre son rang perdu depuis le début du XIX° quand l’empire chinois représentait la première puissance mondiale avec un tiers du PIB global, contre 15% aujourd’hui. C’est l’occupation majeure des banques d’investissement et du FMI d’annoncer le croisement des courbes chinoises et américaines dans une course où le rythme de progression est autant affaire d’unité de mesure que de variables socio-politiques, énergétiques ou climatiques. Et pourtant, les Cassandres annoncent en chœur la chute imminente de la Chine pour cause de bulle boursière, immobilière ou bancaire, et ils voient les signes avancés d’une déstabilisation socio-politique dans les manifestations de Hongkong à l’automne 2014.

FMI : Pourquoi faire donner Lagarde ?(LA TRIBUNE)

     Christine Lagarde manque sans doute de toutes les compétences nécessaires pour présenter une candidature pleinement autorisée au poste de nouveau managing director du FMI. Il ne suffit pas de parler anglais avec un fort accent anglo-saxon, ni d’avoir été ministre des finances après un parcours de juriste en fusions-acquisitions, ni d’avoir coordonné plutôt sommets financiers internationaux dans le contexte de la crise subprime puis de la déroute financière en Europe, ni même d’être une femme. Son principal atout aujourd’hui est d’être Française. Car l’enjeu est d’abord de solder l’affaire DSK, tout comme la France envoya d’urgence à Londres en 1993 Jacques de La Rosière pour solder la calamiteuse gestion de la Banque Européenne de Reconstruction et de Développement sous la présidence Attali.

L’Europe, entre relance inflationniste et austérité expansionniste

Un spectre hante l’Europe, le spectre d’une dérive socio-économique et géopolitique. Le décentrement de l’Europe s’était déjà manifesté lors du printemps arabe où le « modèle européen » n’avait servi d’aucun repère aux mouvements populaires de libération contre les dictatures au Maghreb et au Moyen-Orient. La crise économique et financière qui s’est propagée depuis la débâcle du marché immobilier américain en 2007 a mis en lumière les déficiences institutionnelles et structurelles de l’Europe. Les 17 pays de la zone Euro ne pèsent plus que 14% du PIB global (pas plus que la Chine) et leur part de marché commercial décline tandis que celle de la France est revenue au niveau de l’après-guerre. Le consortium européen ne montre aucune solidarité face à la crise alors que ses marges de manœuvre sont de plus en plus réduites par un taux de chômage supérieur à 10%, une croissance anémique, des déficits budgétaires élevés, et des ratios d’endettement supérieur au PIB. 

Le cas DSK

   Ne pas en rajouter à cette affaire sordide où seul un socialiste, aussi arriviste, pouvait tomber si bas. Un socialiste français, surtout. Ne rien rajouter à cette débauche d’explications et de justifications, en forme d’excuses. D’une victime l’autre. Cette affaire n’en eut pas été une au Mexique ou en Colombie, en Côte d’Ivoire ou en Thaïlande, ni en Italie peut-être, et surtout pas en France. Mais elle a eu lieu aux Etats-Unis où une parole en vaut une autre, quel que soit le niveau du compte en banque ou de la notoriété médiatique.

PIGIS: the backlash of Euros' ecstasy

Europe is in the midst of a three-fold “heritage crisis”. First of all, the US mortgage-driven subprime crisis has crossed the Atlantic through the interbank refinancing market. European banks have had to swallow the cost of reserving against billions of dollars of losses on derivatives and securitized products in their balance sheets. Second, the European debt crisis has shed light on the pitfalls of an incomplete currency union that lacks fiscal and political integration. For years, a number of countries, mainly in the Mediterranean Europe, have lived beyond their means behind the cozy protection of the Euro. Today, banks must grasp the cost of refinancing bond issues from countries that have been hammered by endless rounds of downgrading. The last element of the heritage stems from the very management of the 2008 crisis. Governments, on each side of the Atlantic, have lost any firepower on both monetary and fiscal fronts. Rates cannot drop below zero, liquidity injection boils down to throw inflationary fuel on a fire. And little can come up from China that does the utmost to achieve a soft economic growth landing contrary to its reactivation program of 2008.

Révolte ou révolution en Tunisie ? Le syndrome de Krikaliov

Sergue Krikaliov est ce cosmonaute russe qui a passé une année dans la station spatiale Mir tandis que l’Union Soviétique s’effondrait. Une ou deux fois par siècle, le Temps de l’Histoire se condense ainsi, le rythme du changement s’accélère et devient rupture : un nouveau modèle socio-politique et institutionnel émerge. Ce présent nouveau est fait de tous les passés. Il suffit d’un évènement parfois anodin pour en catalyser la gestation. Le chômage des jeunes, la hausse des prix et l’immolation d’un vendeur ambulant ont été ces détonateurs en Tunisie, après 50 ans de dictature. Krikaliov ne reconnaitrait pas plus la Tunisie de l’après Ben Ali que l’Union Soviétique après la chute du Mur. Mais comment reconstruire la Tunisie aujourd’hui ?

Global financial crisis and Finance teaching crisis

Financial globalization has generated more crises since its emergence in the 1980s than in the last century. The global system has become an echo chamber which amplifies and propagates the spill-over effects of economic and financial imbalances. In the global kettle economy, market bubbles, volatility, animal spirits and speculative herd instinct combine to create recurring financial crises whose social costs gets higher and higher. No wonder then that the social utility of finance professionals is under scrutiny in light of the ongoing drift away from the original task of finance, namely efficient intermediation between savings and productive investment to boost sustainable economic growth. Since the inception of the 2007 global crisis, a number of scandals involving greed, conflict of interest, and lack of transparency, led to a public protest that “this time, this is enough!”

VIETNAM’s challenges: cooling down the overheating economy & transforming growth into development

   Vietnam currently faces a four-pronged challenge: growing trade and current account deficits; rising inflation, fragile banking system, and a tighter external payment position (declining reserve/import ratio and larger short-term debt). These challenges must be tackled simultaneously to beef up domestic and foreign confidence in Vietnam‘s development prospects. A key assumption, today, is that a trade deficit of $11 billion and a current account deficit of roughly $9 billion/year in next 5 years (8% of GDP) can be financed by FDI, i.e., non-debt creating flows. However, Vietnam is competing in the capital markets with a number of emerging market countries to mobilize financing (and by a growing number of developed countries with large external financing requirements!). Vietnam must thus remain attractive and competitive to keep attracting tourism flows, FDI and portfolio inflows, while stemming capital flight. Private deposits in international banks are rising and currently reach more than $800 million.  The risk therefore is that double-digit inflation (currently 14% year on year) will shake the confidence of domestic and foreign economic agents, leading to a vicious circle of downgrading, tighter borrowing conditions, and expectations of further dong depreciation, capital flight, and imported inflation. Curbing credit growth and cutting the budget deficit are thus prerequisites to stabilize the economy. The clock is ticking. 

Crise financière & Crise de l’enseignement de la finance

La globalisation financière qui émerge depuis le début des années 80 a généré plus de crises monétaires et bancaires en trente ans qu’au cours du siècle passé. La globalisation fonctionne désormais comme une caisse de résonance où les déséquilibres s’amplifient et se propagent pour constituer une économie-bouilloire propice aux bulles spéculatives. Ce n’est pas faire injure aux professionnels de la finance de marché que d’évaluer leur utilité sociale à la mesure de leur contribution au bien-être collectif. Si l’objet premier de la finance reste l’intermédiation entre épargne et investissement pour irriguer le développement économique, la contribution des spéculateurs est nulle et même négative au regard du coût social et économique produit par chaque vague de crises.