Le cas DSK

   Ne pas en rajouter à cette affaire sordide où seul un socialiste, aussi arriviste, pouvait tomber si bas. Un socialiste français, surtout. Ne rien rajouter à cette débauche d’explications et de justifications, en forme d’excuses. D’une victime l’autre. Cette affaire n’en eut pas été une au Mexique ou en Colombie, en Côte d’Ivoire ou en Thaïlande, ni en Italie peut-être, et surtout pas en France. Mais elle a eu lieu aux Etats-Unis où une parole en vaut une autre, quel que soit le niveau du compte en banque ou de la notoriété médiatique.

   Mais simplement recadrer ce que devait être la mission de cet ancien professeur d’économie, un peu spécialiste de l’épargne, arrivé par une succession improbable de coïncidences et de coups de chance ministre à Bercy, puis, atterrissage invraisemblable, directeur général du FMI. A Washington pour mieux l’éloigner de Paris. L’arrivisme favorisé par des concurrents. 

   La mission du FMI dans des pays en difficulté socio-économique et financière est toujours liée à une certaine forme d’austérité, de discipline, et de transparence. L’article 1 de la Charte du Fonds stipule que la mission prioritaire de l’institution est de « donner confiance à ses membres ». Le Fonds encourage les pays membres auxquels il prête assistance à vivre au niveau de leurs moyens. Juste à ce niveau, sans excès et donc sans déficit. Le contraire de l’hybris. A réconcilier croissance économique avec bonne gouvernance, afin de promouvoir le développement durable. L’antithèse du nouveau riche, en quelque sorte. L’antithèse du flambeur. La mission du FMI est bien aux antipodes du comportement délétère de son directeur-général qui clôt sur un scandale cinquante ans de monopole européen.

   Il faut voir cette fin lamentable comme un raccourci du déclin de la légitimité politique et culturelle de l’Europe. L’Europe a produit des concepts à usage universel depuis les Grecs jusqu’aux Lumières : démocratie, droits de l’homme et humanisme, destinée et métaphysique… Elle a été « exemplaire » à plus d’un titre. Elle est aujourd’hui condamnée à tenir son rang, juste son rang, celui d’une puissance régionale marginalisée dans la globalisation, sans privilège ni passe-droit par rapport aux 186 autres membres du FMI. Et le prochain directeur général, qu’il soit mexicain, chinois ou singapourien, le lui rappellera sans aucun doute. Tout comme un juge de la cour de l’Etat de New York.

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