Pourquoi il faut en finir avec l’aide publique et les réductions de dette sans contrepartie

L’aide publique au développement et les réductions de dette n’atteignent pas leurs objectifs, elles sont coûteuses pour les contribuables et exonèrent les pays débiteurs de leurs responsabilités économiques et sociales envers leurs populations. Il est temps, malgré les nombreuses objections que cela soulève, de revoir de fond en comble leur fonctionnement.

 En 2023, nombre de pays d’Afrique, dont la Tunisie, sont tentés de tourner le dos au Fonds monétaire international (FMI) et au Club de Paris à cause des conséquences socio-économiques des réformes requises. Le coût social et politique, estiment-ils, ne compenserait pas les flux espérés d’aide au développement et d’allègement de dette. Mais par ailleurs, ces bailleurs internationaux ne financent-ils pas des pays qui n’appliquent ni réformes ni bonne gouvernance ?

L’aide publique au développement (APD) des pays de l’OCDE vise à compenser l’insuffisance de ressources locales pour réduire la pauvreté et stimuler le développement durable. Son montant nominal est impressionnant : 206 milliards de dollars en 2022, une hausse de 15 % en termes réel sur un an. L’aide de la France atteint 16 milliards de dollars, principalement au profit de l’Afrique sub-saharienne qui en reçoit près de 40 %. En parallèle, les pays développés soutiennent ceux à faible revenu par des annulations de dette à travers les mécanismes du Club de Paris. Une centaine de pays pauvres ont bénéficié d’allégements de dette publique pour plus de 600 milliards de dollars, dans le cadre d’accords avec le FMI et la Banque Mondiale.

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